Radiocitron : la maladie psychique apprivoisée

Posted by Lise Michaud on février 21, 2010 at 9:20 .
©DR

©DR

Inaugurée le 26 janvier à Radiofrance par Jean-Luc Hees, son PDG, et Bertrand Delanoë, maire de Paris, Radiocitron est entièrement animée par des patients atteints de troubles psychiques, accompagnés du personnel soignant.

C’est l’association parisienne l’Elan retrouvé qui a lancé le projet et qui gère cette radio pas comme les autres. Elle accueille des patients provenant de divers établissements répartis en région Ile-de-France. Sa marque : une créativité foisonnante, voire délirante qui écrit des chroniques souvent drôles et poétiques. Les animateurs, formés par Patrice Minet de France Culture, ont carte blanche quant au contenu. Au nombre des chroniques figurent les Contes centrés littéraires, les débats appelés Citrons pressés, le slam, le Touti fruti, billet d’humeur avec son horoscope loufoque, le dièse de citron, chronique musicale, et enfin, la recette qui devient la raclette de cuisine.

Radiocitron s’adresse au grand public. Créée en septembre 2009, elle est déjà diffusée sur le Web. Et elle espère bientôt décrocher un créneau régulier à la radio. « Nous allons tout faire pour libérer du temps d’antenne » a promis Jean-Luc Hees. Elle s’est inspirée au départ d’une radio argentine à succès, La Colifata, qui émet depuis un hôpital psychiatrique. Cette dernière réunit aujourd’hui 7 millions d’auditeurs. Des expériences similaires ont aussi vu le jour en Italie, en Espagne et en Angleterre.

Une bonne raison d’exister

Selon Jean-Luc Hees, « la radio, c’est l’exact contraire de l’enfermement ». Constituer une émission de radio suppose donc l’aménagement d’un espace de parole favorisant le lien entre ses acteurs et auditeurs. En l’occurrence, il s’agit de permettre à ceux que l’on n’entend pas d’habitude de s’exprimer et de partager cet espace avec le reste de la communauté, dans le respect des différences. Or, les patients-animateurs souhaitent ardemment voir évoluer l’image de la maladie psychique.

La représentation sociale de la folie est en général pleine de préjugés et de peurs , ce qui ne facilite pas la communication. A l’inverse, ces gens en souffrance vivent leur maladie comme une tare. Ils la cachent, sinon ils ne parviennent pas à se sentir partie intégrante de la société au sein de laquelle ils évoluent. Pourtant, « c’est dans le regard de l’autre qu’on sait si l’on existe ».

Vous pourrez les rencontrer lors de leur prochain enregistrement , le samedi 27 février au centre Valeyre, 24 rue de Rochechouart, Paris IXe, de 14h à 17h.

Lise MICHAUD

Comments are closed.