Un certificat de français à un prix controversé

Posted by Caroline Eveillard on février 8, 2010 at 1:47 .

Fin janvier, une société privée a lancé le premier test d’évaluation du niveau de français. Il est payant et sanctionné par un certificat, qui pourra alors servir de caution pour les futurs employeurs.

Le projet Voltaire a débuté ce vendredi 29 janvier à Lyon et à Paris. Initié et piloté par la société Woonoz, il permet de passer des tests afin d’obtenir un certificat ayant vocation à garantir un bon niveau de français. Ce document pourra être mentionné sur les curriculum vitae et mettre ainsi en valeur une compétence nécessaire mais souvent déficiente.

La mise en place de cet examen est une nouveauté en France. À l’étranger, de tels tests sont pourtant courants en ce qui concerne l’anglais. Le TOEIC (Test Of English for International Communication) et le TOEFL (Test of English as a Foreign Language) sont de véritables références au niveau international. Ces équivalents anglo-saxons sont payants pour la plupart.

La certification Voltaire est facturée 59,90 euros, un prix qui soulève la polémique. Spécificité française oblige, tout ce qui concerne l’instruction et l’accès au monde du travail doit garantir une égalité des chances. Or, le fait que ce soit payant peut constituer un obstacle pour les personnes jouissant de peu de moyens financiers et ainsi les défavoriser dans leur recherche d’emploi. Pour mémoire, il y aurait, en France, plus de cent mille étudiants vivant en dessous du seuil de pauvreté.

Un QCM onéreux

Les tests sont constitués aux deux tiers de règles grammaticales, le dernier tiers se partageant entre les règles sémantiques, lexicales et syntaxiques. À quelques exceptions près, ils mettent en lumière les difficultés peu ou mal gérées par les logiciels de correction automatique.

En deux heures trente, les candidats doivent répondre à un QCM de trois cents questions balayant de manière croisée un large éventail de difficultés.

Si ce certificat devient la norme, il risque alors d’être discriminant, car chaque étudiant devra le valider pour un prix qui est loin d’être négligeable ; ceci afin de prouver un niveau de français qui devrait être garanti par son cursus scolaire.

Caroline Eveillard et Anne-Sophie Potier

4 Comments

  • Caroline Eveillard dit :

    Bonjour monsieur,
    Nous vous remercions pour votre intervention et les précisions que vous apportez.

  • Caroline Eveillard dit :

    Bonjour, (à Zorrofaute)
    notre article ne vise qu’à informer de l’existence de ce certificat, une première en France, et à rapporter cette polémique de prix avec les arguments qui s’y rattachent (gratuité/égalité de chances). En tant que secrétaires de rédaction qui voient peu à peu les correcteurs disparaître des bureaux de presse, nous sommes particulièrement sensibilisés sur le sujet de la qualité de l’orthographe.
    L’initiative de cette entreprise est tout à fait intéressante et justifiée quand on connaît le niveau global de maîtrise de la langue française.
    Il nous semble dommage que, de nos jours, le système scolaire (public et privé) ne puisse plus garantir un bon niveau de français.
    Merci pour l’intérêt que vous nous avez manifesté.

  • Le tarif de la Certification Voltaire est bien en-dessous de celui des certifications en anglais évoquées ici.
    En outre, ne confondons pas le tarif et le financement. Quel est le prix d’un « bilan de compétences » ? 1 000 €, 2 000 € ? Pour celui qui le passe via Pôle Emploi, c’est gratuit. En fait, ce n’est évidemment pas gratuit, c’est simplement financé par les organismes accompagnant l’accès ou le retour à l’emploi, ce qui est normal.
    Maintenant, on peut considérer que la Certification Voltaire n’aide en rien à valoriser sa candidature, et qu’il n’est donc pas légitime de solliciter une prise en charge de 59,90 €.
    Pour les étudiants, les partenariats avec des établissements d’enseignement supérieur permettent de diminuer considérablement les coûts, donc les tarifs.

  • zorrofaute dit :

    Bonjour !

    Rien n’empêche l’éducation nationale de créer un tel test et de le faire passer gratuitement, dans le cadre d’un examen, quel qu’il soit, avec possibilité pour le candidat d’en faire alors mention dans son CV. Le cursus scolaire ne manque pas d’occasions. Pourtant…

    Mais pour répondre plus précisément à votre vision, vous semblez encore croire que c’est la gratuité qui fait l’égalité…

    Interrogez les enseignants de l’école publique et gratuite,
    vous aurez une réponse parmi d’autres sur le thème Liberté-Égalité-fraternité….

    J’admire votre idéal.

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