Aux sombres héros de l’amer


Ca y est, on passe aux choses sérieuses. Un cadre, un prof, une mouture, un café, c’est fini. Nous voilà partis pour trois semaines d’enquête en solitaire dans la peau d’un pigiste.

On est au pied du mât. Trois semaines de navigation au grand large. A bâbord, l’immensité, l’horizon lointain, la liberté retrouvée. A tribord, les vents mauvais, la nuit noire et obscure, les prédateurs, les icebergs.

Mais notre pacha a tout prévu : dépêches en gros tous les matins. Et nos tuteurs, navigateurs accomplis, relèveront les casiers chaque semaine. Histoire de redresser le cap ou de nous conseiller un nouvel appât.

Cette solitude, nous risquons bien d’y goûter encore. Celle du pigiste qui, carte de presse en poche, fait du journalisme son activité principale en proposant des synopsis en-veux-tu-en-voilà à des rédactions en-veulent-plus-en-veulent-pas. Un travail à temps plein pour pas moins de 500 euros par mois.

Journalisme ouèbe « all inclusive »

L’alternative, qui fait autant rêver, c’est de se caser dans la chaleur d’un élevage d’OS de l’info en batterie (dixit Bernard Poulet). Une formule all inclusive qui a fait récemment parler d’elle : réveil au chant du coq, ration-p’tit déj devant son écran, open bar en ligne et compote de dépêches bien fraîches jusqu’au bout d’la nuit. (lire aussi l’article paru le vendredi 5 juin dans Libération)

Heureusement, qu’il y a la télé ! Pas pour y travailler, mais pour vibrer avec REPORTERS. La fièvre de l’investigation du samedi soir, le bouillonnement du bouclage d’un vrai journal qui salit les doigts, des journalistes qui prennent des portes dérobées pour aller rencontrer des ministres à pas d’heure, un spécialiste du fait-divers plume acérée sur fond de présomption d’innocence… 

Sujet d’enquête pour la page NOUS

Bon d’accord, il ne marche pas bien leur journal. Et on assiste à l’arrivée plus que réaliste et tendance d’un actionnaire décidé à gérer cette entreprise de presse comme une autre. Mais certains signes ne trompent pas : le journaliste fume… dans les bureaux, dans les cafés, partout, tout le temps. Et là, on se dit que vraiment, quelque chose a changé.

On aperçoit la moitié du quart de la queue d’un sujet d’enquête pour une page NOUS à inventer : le journaliste ouèbe fume-t-il toute la journée des cigarettes électroniques devant son ordinateur ?

Puis on sent cette envie « chevillée au corps » (sic) de faire encore du journalisme humain, trop humain. Dès mercredi, on rencontrera des vrais gens, avec lesquels on aura de vrais échanges, dans la vraie vie, sur de vraies choses.

Une autre route que celle des ouvriers de l’amer est possible. Le journaliste doit protéger ses sources… de joie.

 

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  1. #1 par Corentin - 4 juin 2009 à 14:12

    Et sinon ton enquête, ça avance ?

  2. #2 par Jonquille - 7 juin 2009 à 13:52

    J’ai connu des pigistes qui gagnaient plus de 500 euros par mois. Mais c’était à l’époque où tout le monde fumait dans les rédacs…

  1. Pas encore de Rétroliens.

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