Vous vous souvenez de Remy Bricka, l’homme orchestre ? Dans une tenue blanche kitchissime, le musicien arpentait les campagnes françaises avec une grosse-caisse sur le dos, des cymbales entre les jambes, une guitare à la main et une colombe sur l’épaule. En 1988, l’illuminé avait même réussi la traversée de l’Atlantique sur des skis flotteurs, avant de tenter celle du Pacifique en 2000, et de s’échouer à Hawaï.
Le journaliste de demain me fait penser à Rémy Bricka.
La multimédiatisation des supports de presse incite de plus en plus les rédactions à demander aux pigistes des reportages combinant texte, sons, photos et vidéo. Crise financière et absence persistante de modèle économique du web obligent, ni les rémunérations ni les délais de production n’augmentent en parallèle pour le moment.
Le reporter du futur parcourra donc le monde à la hâte, carnet à la main, reflex numérique autour du cou, caméscope en bandoulière, enregistreur au bout du pied, et les poches vides. Tout juste pourra-t-il éviter le costume ridicule et le pigeon pour chier dessus.
Des sites comme Geo.fr ont commencé à populariser le concept sous un néologisme barbare digne d’un SR sous acide : le transjournalisme. Le bi-média est-il déjà obsolète ?