Archive pour janvier, 2011

Les rédactions Web sur le chemin de l’équilibre financier

Contre toute attente, l’optimisme règne chez certains acteurs de la presse en ligne. Des représentants Libération, Mediapart et Rue89 participaient hier soir à l’événement « presse et Internet », organisé dans le cadre des rendez-vous de l’innovation au Napoléon. Chaque publication a pu exposer les avantages et inconvénients de leurs modèles économiques. Les rédactions purement Web, que ce soit le tout gratuit de Rue89.com ou le tout payant de Mediapart, tous espèrent parvenir à l’équilibre financier cette année. C’est le cas de Libération (papier + Web) depuis peu.

La nécessité de rentabilité pour les rédactions Web est inévitable. De nombreux événements sont organisés entre professionnels pour partager les diverses expériences, qu’ils soient version numérique d’un journal papier ou pure player sur Internet. Le débat d’hier, animé par Thierry Noisette, vise à partager les expériences et les opinions sur les nouvelles pratiques du journalisme sur le net.

À la recherche du modèle économique qui mène à l’équilibre

Chez Rue89, le choix s’est porté sur un modèle entièrement gratuit, basé sur les revenus publicitaires. D’après Laurent Mauriac, un des co-fondateurs, cette formule est aussi en accord avec la ligne éditoriale adoptée : une information diversifiée et la participation des internautes pour des tribunes, avis d’expert et témoignages. « Sur Rue89.com l’information n’est pas seulement diffusée, elle circule. » Il a tout de même fallu diversifier les activités pour compenser les revenus publicitaires encore faibles sur Internet. Rue89 propose donc des prestations informatiques (environ 30% du CA) ainsi qu’un service de formation pour les journalistes qui veulent se lancer sur le Web (10% du CA).

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(R)évolutions de la presse

olivierdrouinComment la presse a évolué au cours de ces trente dernières années? Olivier Drouin est journaliste depuis 1975. Spécialisé dans l’économie, il a entre autres exercé une dizaine d’années à l’Evénement du Jeudi, et travaille depuis quinze ans pour Capital. Il livre son regard sur les changements majeurs opérés depuis ses débuts dans le métier.


Avec l’avènement d’Internet et la mondialisation, le monde s’est rétréci, imposant aux journalistes des choix d’angles bien plus pointus. “Le temps d’Albert Londres est  révolu! Avant, il suffisait de dire “je suis allé en Afghanistan” pour vendre un papier. Aujourd’hui on sait tout sur tout à l’instant T. Sans un angle extrêmement précis, rien ne se fait”, affirme le journaliste.

Il faut être concis, rapide, avoir une présentation très attractive: “le journalisme, c’est l’inverse de la littérature! Tout ce qui peut être enlevé doit l’être au maximum, il faut aller à l’essentiel”, précise Olivier Drouin. La volonté d’accrocher à tout prix le lecteur peut toutefois avoir un effet négatif, une tendance à la caricature, et à la “peoplisation”. En économie, on s’intéressait plus à la vie d’une entreprise. Maintenant, on s’attarde davantage sur les hommes, les conflits, comme l’a par exemple bien illustrée la saga Woerth-Bettencourt.

“Tout a changé: la forme, le fond, et les outils”, déclare Olivier Drouin. Les journalistes, formés à la presse écrite qu’ils pratiquaient en quasi exclusivité, n’avaient aucune attention pour l’aspect visuel. Toutes les parutions étaient en noir et blanc, avec des articles très longs. Nulle notion d’esthétisme, et “aucune photo, on s’en foutait”, précise-t-il. Les rédactions estimaient que tout ce que voulaient les gens, c’était lire un article. La presse ne connaissait pas la crise pendant les Trente Glorieuses. Dans les années 70, la plupart des lecteurs étaient fidèles. Sûres d’avoir leur public, les rédactions “travaillaient sans faire attention à lui”, note le journaliste. Lire la suite »

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