Archives de la catégorie Archives - Promo 2009

Aux sombres héros de l’amer

Ca y est, on passe aux choses sérieuses. Un cadre, un prof, une mouture, un café, c’est fini. Nous voilà partis pour trois semaines d’enquête en solitaire dans la peau d’un pigiste.

On est au pied du mât. Trois semaines de navigation au grand large. A bâbord, l’immensité, l’horizon lointain, la liberté retrouvée. A tribord, les vents mauvais, la nuit noire et obscure, les prédateurs, les icebergs.

Mais notre pacha a tout prévu : dépêches en gros tous les matins. Et nos tuteurs, navigateurs accomplis, relèveront les casiers chaque semaine. Histoire de redresser le cap ou de nous conseiller un nouvel appât.

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That was your first mistake

Quand j’étais petit, en voiture, ma mère écoutait Philippe Meyer sur le chemin de l’école, le matin, et Jean-Luc Hees quand on en revenait, le soir. Une belle époque

J’aime Jean-Luc Hees.

Il a une voix dingue : grave, suave, sensuelle… un véritable idéal de radio, et sans doute l’une des plus belles qu’il m’ait été permis d’entendre à ce jour.

Non, je ne suis pas amoureux. Juste un peu envieux.

Il vient d’être nommé patron de Radio France par Nicolas Sarkozy.

Depuis son élection, notre président de la République n’a cessé d’afficher ses relations avec des patrons de médias, et d’en profiter pour y mettre son nez.

La désignation par le chef de l’Etat du patron de Radio France et de France Télévisions pose clairement problème, ne serait-ce que par principe. Cela ne veut pas dire que tous les journalistes de ces deux maisons prendront tous la couleur du parti du président, mais il est incompréhensible qu’un homme de pouvoir n’arrive pas à percevoir ce malaise.

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Le reportage à l’aquarelle

Du 8 avril au 3 juin 2009, la ville de Sceaux (Hauts-de-Seine) présente une sélection d’aquarelles réalisées par Noëlle Herrenschmidt, reporter-aquarelliste. Les oeuvres extraites de son livre A la vie, à la mort, l’hôpital sont exposées sur les grilles du jardin des Félibres, avenue du Président-Franklin-Roosevelt (près du parc de Sceaux pour les connaisseurs).

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Je suis pas bi, je suis trans !

Vous vous souvenez de Remy Bricka, l’homme orchestre ? Dans une tenue blanche kitchissime, le musicien  arpentait les campagnes françaises avec une grosse-caisse sur le dos, des cymbales entre les jambes, une guitare à la main et une colombe sur l’épaule. En 1988, l’illuminé avait même réussi la traversée de l’Atlantique sur des skis flotteurs, avant de tenter celle du Pacifique en 2000, et de s’échouer à Hawaï.

Le journaliste de demain me fait penser à Rémy Bricka. Lire la suite »

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Les journalistes photographiés

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© Sophie Le Renard, Isabelle Maradan, Federica Quaglia

Et un petit diaporama!

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Exercice de style

« Je ne te fais pas trop mal ? Tu me le dis sinon. » Le garçon à peine pubère opine de la tête, ses yeux clairs à demi-clos. Le souffle chaud de Patricia se promène sur sa nuque, s’insinue dans le pavillon de son oreille, court sur sa joue, atteint ses lèvres.  Il transpire, mal à l’aise dans un peignoir de soie noire trop grand pour lui.

Du coin de l’œil, Maxime observe le corps nu dans la large glace fixée au mur. Il peine à dégager son regard de ses seins lourds, des hanches cambrées qui perforent la lumière tamisée. Lire la suite »

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Yoyo momo, le fameux

« Voici votre téléphone madame, bonne soirée ! » Pff… Bon, par ordre, mari !
« Allo ? »
« Allo c’est moi ! »
« Ou es tu ? Ca fait deux heures qu’on t’attends à la maison. Tu veux me rendre fou ? »
« Escuses moi, l’histoire est longue, j’arrive. »
« Il est 17h, qu’est ce qu’il est arrivé ? »
« eh bien… Je sors du commissariat…
En fait comme je t’ai dit, j’ai décidé d’aller acheter un cadeau à Momo, mais en fait, le magasin d’à côté était fermé c’était midi. Je suis sure qu’ils ont dû courir pour aller se trémousser sur la terrasse du premier restaurant. Je connais Hamza, hyper lent au boulot, mais dès que c’est la pause, il est plus là. Bon puis Momo il voulait absolument, tu sais là, le dernier Yoyo qui fait un bruit à te taper la tête ?! Bon bref, j’ai croisé mon ancien prof, M. Kaddour, il m’a conseillé d’aller dans le 18ème, son fils en voulait un il l’a trouvé là bas. Il m’a dit d’y aller en vélo, c’était pas très loin. Il doit me trouver grosse sûrement… »
« Naan t’es bête !  la pollution… »
« Ouais… Bon et donc j’ai pris un Vélib, et j’ai commencé à pédaler sur le trottoir. A un moment il y a une femme qui se met sur mon chemin, elle me bloque. Et elle me dit que soi-disant c’est interdit le trottoir pour les vélos. »
« N’importe quoi ! »
« Ouais je sais… Je suis allée sur la route, c’était trop long là, les feux rouges tout le temps, les voitures qui te collent, ils te grattent le dos avec leurs rétros ! J’ai voulu prendre un raccourci vers Barbès, mais j’ai pas vu le sens interdit, j’ai pas l’habitude. Il y a un flic qui est sorti de nulle part, ou d’un commissariat. Et il a donné un coup de sifflet, moi je me suis pas senti visée tu comprends ? »
« Sérieux ? Non sérieux ? »
« Bon écoutes, j’étais pas dans la dernière Porsche là ! On me siffle sur mon vélo, ça me fait pédaler plus vite t’as compris… »
« Ca c’est bien toi ! »
« Ouais ouais… Il s’est mis au milieu, il me demande mes papiers, je lui ri au nez… De fil en aiguille, je finis derrière les barreaux. Mais bon, en négociant j’ai fini par y arriver. »
« C’est quoi négocier ? »
« Heuh…J’ai chanté le roi lion à tue tête pendant trois heures, avec l’accent canadien. » « Mort de rire. »
« Je suis sortie que maintenant, et j’ai toujours pas le Yoyo musical, donc je vais chercher le Yoyo, et on se retrouve à la maison, rassure le bout de chou, et je suis là dans trente minutes maxi. »
« Bon, ça marche. Hey Carole ? Tu y vas en métro, plus de Vélib  pour toi ! »
« T’inquiètes Yann. »

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Camarades, répondez !

Le blog ?  Il faut y laisser sa trace. C’est fascinant et inquiétant compte tenu de l’impact. L’auteur se livre aux regards de ses bienveillants camarades. Mais quel sujet aborder ? Une émotion, un ressenti, un bon mot… ? Après sept semaines de formation pourquoi pas une foule de questions…

Qui est Pierre Alexandre ?

Faut-il se méfier des sondages ?

Lisons-nous plus attentivement la presse lorsque nous avons rendez-vous avec Marc ?

Connaissiez-vous SPIP, la pyramide inversée et l’escargot avant le 1er mars ?

Regardez-vous différemment les garçons de café, les gens qui déjeunent, les curés et les chocolatiers ?

Que faisiez-vous le 19 mars ?

Le mot angle vous obsède-t-il ?

Citez une anacoluthe…

Le 11 septembre est-il un évènement de routine ?

Écoutez-vous vos voisins dans le métro ?

Quel sera le prochain marronnier ?

P.S.: Merci pour les chocolats !

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Les bons mots de la semaine

Petites phrases, grandes idées et vice versa… Pour se faire entendre dans le monde médiatique, il faut avoir le sens de la formule… Nous traquons chaque semaine la perle rare qui nous fait rire, bondir ou  frémir.

- “En aucun cas, cela n’a affecté les prières.” Tawfik al-Sudairy, sous-secrétaire au ministère des Affaires Islamiques en Arabie Saoudite.  En réponse aux fidèles soucieux de la validité de leurs prières, à cause de 200 mosquées de La Mecque mal orientées.

- “Ceux qui manifestent pour leurs idées, jamais ne dissimulent leurs visages” Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur. Elle souhaite interdire les cagoules dans les manifestations.

- « Quelqu’un est venu vous dire à Dakar après tout cela que l’homme africain n’est pas entré dans l’Histoire. Pardon, pardon pour ces paroles humiliantes qui n’auraient jamais dûs êtres prononcés. » Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charente, à propos du notoirement connu “Discours de Dakar”, donné par le chef d’Etat, Nicolas Sarkozy, en juillet 2007. Gabriel

- Philippe Douste-Blazy interviewé conjointement avec Bill Clinton par Elkabach sur Europe 1 cette semaine : “Pour la santé, un pays africain dépense en moyenne 24 dollars par tête de… euh… personne “ Il n’a pas osé dire tête de pipe face à Bill !!! YL

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Le poids des photos

Je regarde cette photo de très près. Pour une fois, je ne lis pas la légende d’abord. Je ne peux pas m’empêcher de fixer les corps déchiquetés, brûlés. Le corps de la femme, ouvert. Son bébé, sur son ventre, mort. Un homme, seul vivant de l’image, pleure, se couvre le visage d’une main et pose l’autre sur ce corps minuscule. Tout le drame du monde. Le bébé ne m’impressionne presque pas, on dirait une poupée, quelque barrière en moi refuse de croire que c’était humain. Mais, cette main, mon Dieu, cette main. Elle me déchire : ça y est,  je suis choquée. Et je pleure.

Puis, je lis le texte à coté : cette image a été prise en Roumanie, en 1989. Elle est censée illustrer le “charnier ” de Timisoara, où, selon les opposants au régime communiste de Ceaucescu, 4000 personnes sont mortes, durant les émeutes. Seulement, cette image est un faux. La femme de la photo est morte de cirrhose, le petit était mort né et l’homme désespéré ne connaissait pas ces deux personnes. A Timisoara, entre 90 et 120 personne sont mortes. Les opposants roumains, après les émeutes, ont déterrés une vingtaine de cadavres du cimetière et ont crée cette mise en scène, photographiée par le reporter Robert Maas. Cette Pietà lui a valu le Pulitzer et a fait le tour des rédactions du monde, de la presse à la télévision, suscitant l’indignation et la honte.

Mais c’est un faux et je suis furieuse.

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