Les rédactions Web sur le chemin de l’équilibre financier

Contre toute attente, l’optimisme règne chez certains acteurs de la presse en ligne. Des représentants Libération, Mediapart et Rue89 participaient hier soir à l’événement « presse et Internet », organisé dans le cadre des rendez-vous de l’innovation au Napoléon. Chaque publication a pu exposer les avantages et inconvénients de leurs modèles économiques. Les rédactions purement Web, que ce soit le tout gratuit de Rue89.com ou le tout payant de Mediapart, tous espèrent parvenir à l’équilibre financier cette année. C’est le cas de Libération (papier + Web) depuis peu.

La nécessité de rentabilité pour les rédactions Web est inévitable. De nombreux événements sont organisés entre professionnels pour partager les diverses expériences, qu’ils soient version numérique d’un journal papier ou pure player sur Internet. Le débat d’hier, animé par Thierry Noisette, vise à partager les expériences et les opinions sur les nouvelles pratiques du journalisme sur le net.

À la recherche du modèle économique qui mène à l’équilibre

Chez Rue89, le choix s’est porté sur un modèle entièrement gratuit, basé sur les revenus publicitaires. D’après Laurent Mauriac, un des co-fondateurs, cette formule est aussi en accord avec la ligne éditoriale adoptée : une information diversifiée et la participation des internautes pour des tribunes, avis d’expert et témoignages. « Sur Rue89.com l’information n’est pas seulement diffusée, elle circule. » Il a tout de même fallu diversifier les activités pour compenser les revenus publicitaires encore faibles sur Internet. Rue89 propose donc des prestations informatiques (environ 30% du CA) ainsi qu’un service de formation pour les journalistes qui veulent se lancer sur le Web (10% du CA).

Lire la suite »

,

2 Commentaires

(R)évolutions de la presse

olivierdrouinComment la presse a évolué au cours de ces trente dernières années? Olivier Drouin est journaliste depuis 1975. Spécialisé dans l’économie, il a entre autres exercé une dizaine d’années à l’Evénement du Jeudi, et travaille depuis quinze ans pour Capital. Il livre son regard sur les changements majeurs opérés depuis ses débuts dans le métier.


Avec l’avènement d’Internet et la mondialisation, le monde s’est rétréci, imposant aux journalistes des choix d’angles bien plus pointus. “Le temps d’Albert Londres est  révolu! Avant, il suffisait de dire “je suis allé en Afghanistan” pour vendre un papier. Aujourd’hui on sait tout sur tout à l’instant T. Sans un angle extrêmement précis, rien ne se fait”, affirme le journaliste.

Il faut être concis, rapide, avoir une présentation très attractive: “le journalisme, c’est l’inverse de la littérature! Tout ce qui peut être enlevé doit l’être au maximum, il faut aller à l’essentiel”, précise Olivier Drouin. La volonté d’accrocher à tout prix le lecteur peut toutefois avoir un effet négatif, une tendance à la caricature, et à la “peoplisation”. En économie, on s’intéressait plus à la vie d’une entreprise. Maintenant, on s’attarde davantage sur les hommes, les conflits, comme l’a par exemple bien illustrée la saga Woerth-Bettencourt.

“Tout a changé: la forme, le fond, et les outils”, déclare Olivier Drouin. Les journalistes, formés à la presse écrite qu’ils pratiquaient en quasi exclusivité, n’avaient aucune attention pour l’aspect visuel. Toutes les parutions étaient en noir et blanc, avec des articles très longs. Nulle notion d’esthétisme, et “aucune photo, on s’en foutait”, précise-t-il. Les rédactions estimaient que tout ce que voulaient les gens, c’était lire un article. La presse ne connaissait pas la crise pendant les Trente Glorieuses. Dans les années 70, la plupart des lecteurs étaient fidèles. Sûres d’avoir leur public, les rédactions “travaillaient sans faire attention à lui”, note le journaliste. Lire la suite »

, ,

Pas de commentaires

Le nouveau droit à l’information : Y’a-t-il une jurisprudence Médiapart ?

Da gauche à droite : François Bonnet, Emmanuel Binoche, Jean-Pierre Mignard et Ivan Terel

Da gauche à droite : François Bonnet, Emmanuel Binoche, Jean-Pierre Mignard et Ivan Terel

Le vendredi 22 octobre se déroulait la première Journée de la presse en ligne à la maison des métallos à Paris, à l’initiative du Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (http://www.spiil.org/), créé en 2009 et qui compte une soixantaine de membres. L’occasion de réfléchir collectivement, pour la première fois, sur la presse en ligne et sur un métier en pleine mutation.

L’atelier-conférence intitulé “Le nouveau droit à l’information : y’a-t-il une jurisprudence Médiapart ?” réunissait Emmanuel Binoche, vice-président du TGI de Paris, ainsi que Jean-Pierre Mignard et Ivan Terel, avocats au barreau de Paris, et était modéré par François Bonnet, directeur éditorial de Médiapart.

Le support n’est que l’application technique du droit.

Jean-Pierre Mignard commence par revenir sur les principes généraux du droit, rappelant notamment que la loi Hadopi reconnaît les éditeurs en ligne et qu’il n’y a pas de distinction qualitative, pas de presse plus “noble” qu’une autre, et donc pas de “presse web” spécifique. C’est donc une erreur de droit que de mépriser les supports de communication en ligne. Il y a un principe de neutralité du support : “le support n’est que l’application technique du droit”.

Il y a par contre un travail sur l’image de ce support à réaliser, Internet étant encore souvent considéré par beaucoup comme une “forêt de Sherwood” dans laquelle il ne fait pas bon s’aventurer, une machine à fabriquer de la diffamation et de l’ignominie. La position du chef de l’Etat, jugée pas sérieuse mais illustrant bien ces craintes et réticences, est rappelée à cette occasion : Internet est une “jungle” qui doit être “civilisée”. Tous les participants s’inscrivent en faux : “Le pluralisme sur Internet, base du droit positif, est un bien pour la démocratie.” Lire la suite »

Pas de commentaires

Jaimelinfo.com , Un nouveau modèle économique pour la presse en ligne

Le site doit mettre en relation les sites d’information en ligne et leurs mécènes. Une nouvelle tentative originale pour pérenniser un journalisme professionnel viable.

Sur l’écran de la grande salle de la Maison des Métallos, le fœtus se porte bien. Damien Cirotteau et Laurent Mauriac, directeurs technique et général de Rue89, présentent leur futur enfant. Jaimelinfo.com sera une plate-forme de mise en relation entre blogs d’informations et journaux en ligne d’une part, et de généreux donateurs d’autre part. Conçu sous le giron de Rue89, Jaimelinfo.com sera rapidement placé sous la responsabilité d’une association à but non-lucratif. Le principe est simple : des sites et des blogs cherchent à asseoir leur modèle économique ; des internautes souhaitent assurer la survie financière de leurs sites d’infos favoris ; Jaimelinfo.com fait le lien entre ces deux populations. La plate-forme sera un filtre « neutre », où aucun contenu éditorial ne sera proposé à l’internaute. Laurent Mauriac résume l’esprit du site en trois mots : simplicité, transparence et fiabilité. Lire la suite »

2 Commentaires

Roms : une affaire européenne

Impair, passe et perd pour la France et Nicolas Sarkozy depuis son discours de Grenoble sur l’insécurité, le 30 juillet 2010. Sa politique de répression renforcée et ciblée envers les Roms a fait réagir la presse étrangère. Elle pointe du doigt la discrimination de la communauté Rom, le manque de sanction de la Commission européenne pour non-respect d’une directive sur la libre-circulation mais aussi l’offensive populiste et électoraliste d’une partie de la droite française. Par effet de ricochet, la personnalité même du président, Nicolas Sarkozy est discréditée.

Le désamour entre et la France et les pays européens est venu de la sphère politique puis a été relayé, crescendo, par la presse internationale.

La commissaire européenne à la justice, la luxembourgeoise Viviane Reding, a marqué le pas des critiques en déclarant que « la discrimination sur la base de l’origine ethnique n’a pas sa place en Europe » et que cela lui rappelait « les politiques ethniques de l’Europe pendant la seconde guerre mondiale ».

Avant elle, le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, le suédois Thomas Hammarberg avait déjà fait entendre un son discordant de celui de la France en comparant «la rhétorique politique contre les Roms à celle utilisée par les nazis et les régimes fascistes».

Lire la suite »

Pas de commentaires

Aux sombres héros de l’amer

Ca y est, on passe aux choses sérieuses. Un cadre, un prof, une mouture, un café, c’est fini. Nous voilà partis pour trois semaines d’enquête en solitaire dans la peau d’un pigiste.

On est au pied du mât. Trois semaines de navigation au grand large. A bâbord, l’immensité, l’horizon lointain, la liberté retrouvée. A tribord, les vents mauvais, la nuit noire et obscure, les prédateurs, les icebergs.

Mais notre pacha a tout prévu : dépêches en gros tous les matins. Et nos tuteurs, navigateurs accomplis, relèveront les casiers chaque semaine. Histoire de redresser le cap ou de nous conseiller un nouvel appât.

Lire la suite »

, , , , , ,

2 Commentaires

That was your first mistake

Quand j’étais petit, en voiture, ma mère écoutait Philippe Meyer sur le chemin de l’école, le matin, et Jean-Luc Hees quand on en revenait, le soir. Une belle époque

J’aime Jean-Luc Hees.

Il a une voix dingue : grave, suave, sensuelle… un véritable idéal de radio, et sans doute l’une des plus belles qu’il m’ait été permis d’entendre à ce jour.

Non, je ne suis pas amoureux. Juste un peu envieux.

Il vient d’être nommé patron de Radio France par Nicolas Sarkozy.

Depuis son élection, notre président de la République n’a cessé d’afficher ses relations avec des patrons de médias, et d’en profiter pour y mettre son nez.

La désignation par le chef de l’Etat du patron de Radio France et de France Télévisions pose clairement problème, ne serait-ce que par principe. Cela ne veut pas dire que tous les journalistes de ces deux maisons prendront tous la couleur du parti du président, mais il est incompréhensible qu’un homme de pouvoir n’arrive pas à percevoir ce malaise.

Lire la suite »

Pas de commentaires

Le reportage à l’aquarelle

Du 8 avril au 3 juin 2009, la ville de Sceaux (Hauts-de-Seine) présente une sélection d’aquarelles réalisées par Noëlle Herrenschmidt, reporter-aquarelliste. Les oeuvres extraites de son livre A la vie, à la mort, l’hôpital sont exposées sur les grilles du jardin des Félibres, avenue du Président-Franklin-Roosevelt (près du parc de Sceaux pour les connaisseurs).

Lire la suite »

Pas de commentaires

Je suis pas bi, je suis trans !

Vous vous souvenez de Remy Bricka, l’homme orchestre ? Dans une tenue blanche kitchissime, le musicien  arpentait les campagnes françaises avec une grosse-caisse sur le dos, des cymbales entre les jambes, une guitare à la main et une colombe sur l’épaule. En 1988, l’illuminé avait même réussi la traversée de l’Atlantique sur des skis flotteurs, avant de tenter celle du Pacifique en 2000, et de s’échouer à Hawaï.

Le journaliste de demain me fait penser à Rémy Bricka. Lire la suite »

Pas de commentaires

Les journalistes photographiés

pictures1ter

© Sophie Le Renard, Isabelle Maradan, Federica Quaglia

Et un petit diaporama!

1 Commentaire